La difficulté de quitter des manipulateurs pervers narcissique

Comment le pervers narcissique va-t-il définir une victime ?

Il va s’attaquer à des personnes ayant une faible estime d’elles-mêmes. Recherchant un protecteur, elles vont projeter leurs obsessions sur leur futur bourreau, qui va se faire une joie d’incarner cette attente. Attention la victime est empathique, prompt à pardonner, voir prêt à accepter une part de responsabilités dans ce jeu pervers. Celle-ci essaiera de se mettre à la place de son bourreau, et lui pardonnera plus facilement ses critiques, ses comportements déplacés, ses violences, sa maltraitance. Sa victime est souvent une personne pleine de vie, d’entrain, et très positives, mais avec un manque évident de confiance en elle. Les personnes ayant une forte dépendance affective envers leurs proches sont de parfaites victimes pour un pervers narcissique. En effet, elles s’attachent rapidement, et sont complètement hypnotisées par le manipulateur pour lequel selles éprouvent de très forts sentiments. Ce faisant, elles ignorent que cette situation permet au pervers narcissique de jouer avec elle. Ces personnes deviennent tellement dépendantes du pervers narcissique que, souvent, elles ne peuvent pas se résoudre à le quitter. C’est alors que le piège se referme…

Un parcours personnel complexe, peut-il faciliter la mainmise du pervers narcissique ?

Oui. La route de chacun est ponctuée d’évènements plus ou moins complexes. Certaine personne sont fragilisés par ces épreuves de vie et vont ainsi permettre à leur insu, la tutelle que va exercer le pervers narcissique. Être deux à se sentir protéger dans une relation affective permet l’épanouissement. C’est le ciment d’une relation épanouissante ou le couple va coexister ensemble et séparément. La vie à deux est une base de partage ou chacun se retrouve, se réinvente et créé une atmosphère de confiance. Le respect de l’autre est tacite et n’est pas dans une relation unilatérale. Mais pour les personnes en quête de protection, la situation est complexe. Cela passe par un travail personnel intense, un remaniement en profondeur où il faudra affronter ses peurs. Parler de son parcours est complexe et néanmoins important. S’ouvrir permettra de comprendre certaine réaction inscrite comme des répétitions subconscientes. Je l’expliquerais lors de la troisième partie de cet article.

 

Comment la manipulation du pervers narcissique va permettre d’endormir sa victime et de quelles façons ?

La manipulation perverse amène progressivement la victime à être dépendante de l’autre. Cette conséquence découle en partie de l’exploitation de ce que lui aura été confié. N’oublions qu’ils savent se montrer prévenants pour séduire et faire tomber la garde de leur proie. Ils sont à l’écoute de tout ce qui pourrait leur permettre d’annihiler la moindre défense, minimisant ainsi l’échappement. Il sait se montrer prêt, attentionné d’apparence, serviable, compatissant, si parfait en tout qu’il semble incarner l’amour. Mais il a surtout besoin comme ingrédient principal du manque de confiance intrinsèque de sa victime pour tisser sa toile. Comme je l’ai écrit plus haut, ayant perçu ses failles, il va fur et à mesure renforcer l’emprise en transformant en profondeur celui ou celle qui la vit.

La dépendance envers le pervers narcissique est-elle une addiction ?

Il va institutionnalisée une dépendance « addictive ». C’est un peu comme donner à petite dose d’abord, puis à en augmentant une drogue pour anesthésier les tensions psychiques (la peur de l’abandon, pour l’article cité). Prendre une substance permet d’échapper à la tension immédiate. Le savoir-faire du pervers narcissique va avoir le même impact en liant sa victime à « son dealer », lui son bourreau. Plus le manque se fait sentir plus il va se montrer généreux et nourrir la dépendance au début du moins. Ce mécanisme il l’a compris, est important pour maintenir sa victime. Il va veiller à fixer ou maintenir sa proie dans son schéma pour l’empêcher de percevoir une issue pourtant vitale. Il y aura un temps d’accoutumance. Prise de manière inconsciente au début de la relation, cette dépendance va littéralement imprégner peu à peu sa proie qu’il piège dans une contrainte invisible.

Lorsque la personne s’en rend compte, c’est trop tard. L’addiction a verrouillé le cerveau. La victime du manipulateur pervers aura l’impression de ne plus pouvoir vivre sans l’autre, de ne plus pouvoir même respirer sans l’autre. Elle sera coupée d’elle-même parfois sidéré de la direction que prends cette relation. Comme je l’ai écrit plus haut, elle aura tendance à excuser le pervers narcissique quand il se montrera odieux avec elle. Elle lui pardonnera sans fin.

La sophrologie peut-elle aider à « une réparation » après le pervers narcissique ?

Le plus important pour cette reconstruction, c’est de retrouver les liens corps esprit. C’est s’autoriser d’approcher le parcours de victime pour se resituer. La perception de l’environnement est bien différente après ce vécu. Les personnes arrivant au cabinet expliquent avec leurs mots, une déconnexion, une sorte d’anesthésie dont elles ont du mal à sortir. Elles ressentent, perçoivent qu’elles sont libres d’exister par elles-mêmes, mais tout est floue exception faite de la peur de revivre ce genre de relation. Ce qui au demeurant est parfaitement normal. Je suis rassurant avec elles car leur récits décrit l’expérience passée, non celle de l’ici et le maintenant des consultations.

Les séances vont aider à s’ancrer dans son propre corps. En effet, cette expérience négative aura activée une attitude de repli et/ou d’hyper vigilance. Le corps et l’esprit auront beaucoup souffert car la tension permanente aura été souvent jusqu’au paroxysme. Cette sensation d’être vidé, est compréhensible tant l’énergie dépensée a littéralement épuisée et développé un esprit de soumission par la contrainte. Le plus important est de permettre à vos émotions de vous traverser en replaçant contextuellement l’expérience comme ce qu’elle est vraiment, une expérience dont il est possible de retirer quelque chose. C’est l’introspection et la capacité de se déculpabiliser qui va permettre d’activer toutes les capacités positives bien présentes.

La respiration aide à se recentrer et favorise aussi la reprise en main de son schéma corporel. Le corps est vivant et la sophrologie va faciliter sa reprise en main.

L’accueil inconditionnel, la tolérance et l’absence de jugement est un moyen de cicatriser. N’oubliez pas que la victime c’est vous et le bourreau celui que vous aurez quitté. Il est possible de vous reconnecter avec votre individualité, de retrouver la personne que vous avez toujours été. Vous allez vous redécouvrir, vous apprécier, discerner le plaisir d’exister par vos propres moyen, incluant l’indépendance, les projets de vie.

Par la pensée accompagnée d’un timbre de voix modifié vous aller pouvoir vous projeter dans un espace que vous aurez choisi. Là, face à vous-même vous aurez le temps d’évaluer toutes les forces d’auto guérison dont vous disposez. Vous sentirez le lien intrinsèque au présent et découvrirez certainement le plaisirs d’entendre, de voir des choses qui sont intimes et qui reflète votre personnalité. Accepter de laisser toutes les pensées vous traverser sans vous arrêter à une seule, c’est un peu comme s’asseoir dans un lieu serein loin des prédateurs. La route qui s’ouvre devant permettra d’envisager une nouvelle relation, de nouveaux moments de joies et de partages.

Article écrit par Thierry MIGNON Sophrologue Thérapeute

https://www.sophrologie-psy.com

courriel : thierry.mignon@live.fr

Tel : 06.50.17.68.83

Lien pour illustrer l’article

https://www.passeportsante.net/fr/psychologie/Fiche.aspx?doc=dependance-affective